Riposte Etudiante
- labarricadejournal
- 8 févr. 2021
- 3 min de lecture

« Partiels en distanciel, ou pas de partiel du tout » Telle était la phrase taguée sur le mur du gymnase qui a été incendié dans la nuit du dimanche 10 janviers au lundi 11 à Nantes. Dans ce gymnase devait se tenir des partiels en présentiels malgré la crise sanitaire exceptionnelle que l’on traverse. Mais cette décision, aussi étonnante que dangereuse, concernant l’organisation de ces partiels en présentiels n’est pas un cas isolé. Des dizaines de facs l’ont, le font, et comptent le faire. Les présidences de fac mettent en péril la vie de leurs étudiant.es, une vie déjà compliquée du à la précarité grandissante de jour en jour. Pourtant malgré les risques, les étudiant.es sont convoqués dans un gymnase. Des centaines d’étudiant.es s’entassant dans des transports en commun pour s’y rendre, attendant collé les uns aux autres dans un couloir. De plus, les cours ont été suivis en distanciel pour les étudiant.es, donc avec des modalités d’apprentissage différentes qu’à l’accoutumé, il semble donc logique que les partiels se passent également en distanciel pour être en accord avec l’apprentissage suivi. Pourtant non, les présidences de fac s’entêtent à faire comme si tout était normal, alors que rien ne l’est.
L’hypocrisie dont fait preuve la France est tout aussi remarquable, elle s’indigne face à une teuf dans un hangar ouvert, mais face à des dizaines de partiels en présentiels se déroulant partout sur le territoire, créant donc autant de potentiel cluster, la France se tait.
Cependant le problème ne s’arrête pas là, les étudiant.es sont de plus en plus précaires, de plus en plus méprisés, à l’image de ce professeur oubliant de couper son micro en pleine question réponse avec ces étudiants et s’exclamant : « Je leur ai fait un examen de pute ». Un tel mépris envers les étudiants n’est plus admissible.
Cependant ceci ne date pas d’hier, la précarité, le mépris et la surcharge pédagogique que subissent les étudiant.es chaque jour et une triste réalité datant de déjà plusieurs dizaines années. Que peuvent faire les étudiant.es face à ça ? On leur fait courir le risque de mourir en les envoyant passer leurs examens en présentiel, entassés dans des gymnases. On les méprise chaque jour, que ce soit les administrations, le Crous, les facs ou l'État. La précarité étudiante s’accentue d’année en année et avec le Covid cette accélération ce compte en mois, de plus en plus d’étudiant.es tentent de se suicider, provoquant une vague de suicide, et pourtant l’État ne fait rien.
Alors que peuvent faire les étudiant.es face à ce mépris grandissant de la classe dominante ? Face à cette précarité définissant leur vie, car non, manger des pâtes à partir du 5 du mois n’est pas normal. Des manifestations étudiantes ont eu lieu en France dans les grandes villes ces dernières semaines, et cette grogne étudiante n'est pas prête de s'arrêter. Les syndicats étudiants appelant à se joindre à la manifestation interprofessionnelle du 4 février.
Mais les manifestations déclarées sont-elles la solution face au mal être subis par des étudiants ? Se rejoindre derrière une banderole #etudiantsfantomes est-ce réellement efficace ? Alors oui Macron ose faire un geste en notre faveur nous octroyant un jour de présentiel par semaine ainsi que des repas à 1€ pour tous, mais n'est ce pas qu'une vulgaire technique pour noyer le poisson dans l'eau ?
Si ça l'est. Macron ne cherche qu'à noyer tout le mépris, toute la surcharge pédagogique, ainsi que toute la précarité que les étudiants subissent derrière un jour de présentiel. Ceci s'appelle du foutage de gueule et cela n'a que trop duré.
La seule solution restante aux étudiant.es face à ce triste constat et la riposte ! À l’image des étudiant.es nantais ayant incendié leur gymnase, il faut que les étudiant.es ripostent à hauteur de l’attaque qu’ils subissent ! Organisez-vous, regroupez-vous, et ripostez !
Si les facs doivent rouvrir, ce ne sera que pour mieux les bloquer.




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